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Les 66 milliards évaporés de Softbank

 
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Apple vs Epic, acte 2 – TikTok accélère dans le shopping

Par Jérôme Marin | 16 novembre 2022

Bonjour, au menu de Cafétech ce mercredi: les pertes du fonds d’investissement de Softbank, l’audience en appel entre Apple et Epic et l’offensive de TikTok dans le shopping en direct.

La chute vertigineuse du fonds d’investissement de Softbank

Habitués aux montagnes russes, les Vision Fund de Softbank restent sur une chute vertigineuse, symbole du violent retournement touchant les sociétés technologiques. Après être montés à plus de 66 milliards de dollars de profits potentiels en juin 2021, les fonds d’investissement du conglomérat japonais viennent de repasser dans le rouge. Au 30 septembre, la valeur comptable de leurs prises de participation affichait une balance négative de 1,5 milliard de dollars. Autrement dit: tous les gains accumulés en quatre ans se sont évaporés en seulement 15 mois. De quoi pousser Softbank à adopter une posture défensive, limitant drastiquement ses investissements.

Plus de 450 investissements – Depuis leur lancement en 2017, les Vision Fund sont devenus des acteurs incontournables pour les start-up. En cinq ans, ils ont participé à plus de 450 levées de fonds, investissant près de 150 milliards de dollars. Et contribuant grandement à l’envolée des valorisations. Après des débuts difficiles, marqués notamment par le fiasco WeWork, les fonds de Softbank avaient redressé la barre, portés par l’euphorie post-Covid autour des groupes technologiques. Depuis un an cependant, la situation s’est renversée sous l’effet du resserrement de la politique monétaire américaine et de l’offensive de Pékin contre ses géants du numérique. En Bourse, la valeur de ses participations dans Doordash, Grab ou encore Didi a plongé.

Chute des investissements – Dans le même temps, les Vision Fund ont abaissé la valeur comptable de leurs investissements dans plusieurs sociétés non cotées – reconnaissant que leur ancienne valorisation ne se justifiait plus dans le contexte actuel. En attendant des jours meilleurs, Softbank a choisi de revoir ses ambitions à la baisse. Entre avril et septembre, ses fonds n’ont injecté que 2,5 milliards de dollars dans des start-up, contre près de 30 milliards l’an passé sur la même période. Le groupe japonais se détourne notamment des start-up les plus matures, celles qui nécessitent des sommes importantes et des valorisations élevées. Une situation qui devrait perdurer “quelque temps”, a prévenu Masayoshi Son, le fondateur et patron de Softbank.

Son prend du recul – Triomphaliste l’an passé, allant jusqu’à se présenter comme un éleveur de poules aux œufs d’or, Masayoshi Son va désormais prendre du recul. Il assure qu’il ne s’occupera plus de la gestion quotidienne de Softbank et de ses fonds d’investissement. Il renonce également à la présentation des résultats financiers, un exercice dans lequel il s’est illustré avec ses illustrations fantasques. Le dirigeant souhaite se concentrer sur “la prochaine phase de croissance explosive d’Arm”, dont le rachat par Nvidia est tombé à l’eau en début d’année à cause des réticences des autorités de la concurrence. Une opération qui aurait dû rapporter 66 milliards de dollars. Le groupe britannique, spécialisé dans les systèmes sur puce, doit entrer en Bourse l’an prochain.

Apple et Epic se retrouvent devant la justice américaine

Un an après, Apple et Epic Games se retrouvent devant la justice américaine. Lundi, les deux sociétés ont avancé leurs arguments lors d’une audience en appel, organisée à San Francisco. Le verdict n’est pas attendu avant plusieurs mois, avant un éventuel recours devant la Cour suprême des États-Unis, la plus haute juridiction du pays. En jeu: le modèle de l’App Store, la lucrative boutique d’applications mobiles du groupe à la pomme. Et notamment ses commissions, jugées “exorbitantes” par le créateur du populaire jeu Fortnite. En première instance, la justice avait considéré que la position d’Apple ne constituait pas un monopole. Mais son adversaire a pu compter, cette fois-ci, sur le soutien du ministère américain de la justice.

Système de paiement – Epic avait attaqué Apple en justice en août 2020, après le retrait de Fortnite de l’App Store. L’éditeur dénonce des “pratiques anticoncurrentielles et monopolistiques”. Non seulement, il est impossible de télécharger des applications sur iPhone et iPad sans passer par la boutique d’Apple. Mais il est aussi obligatoire d’utiliser son système de paiement, se traduisant par une commission comprise entre 15% et 30% sur chaque achat. Apple assure qu’il ne peut pas être considéré comme un monopole: le marché des smartphones est dominé par Google et les adeptes de Fortnite peuvent y jouer sur d’autres plateformes. Et la société justifie l’interdiction d’autres boutiques par la volonté de créer “un environnement sûr et sécurisé” pour ses utilisateurs.

Changements limités – Lors du premier procès, Apple avait évité le pire. La juge ne l’avait pas obligé à ouvrir son système iOS à d’autres boutiques d’applications. Ni à autoriser les systèmes de paiement alternatifs directement dans les applications. Tout juste avait-elle autorisé les développeurs à ajouter des liens vers un site internet pour acheter un objet dans un jeu vidéo ou pour s’abonner à un service – ce qui est interdit par les conditions d’utilisation de l’App Store. En outre, cette alternative, qui rend les transactions plus fastidieuses pour les acheteurs et plus complexes pour les développeurs, ne signifiait pas la fin des commissions prélevées par Apple. Fin 2021, la justice avait accepté de reporter la mise en place de ce changement en attendant la procédure en appel.

Vers une procédure antitrust ? – L’audience devant la Cour d’appel a été marquée par une courte intervention du ministère américain de la justice. Sans prendre officiellement parti pour Epic, celui-ci a remis en cause certaines conclusions du procès en première instance, estimant qu’elles incluent de “multiples erreurs” d’interprétation de la loi américaine sur les monopoles. Les autorités redoutent ainsi que le verdict favorable à Apple handicape ses prochaines batailles pour lutter contre des positions qu’elles jugent anticoncurrentielles. Selon la presse américaine, le ministère de la justice se prépare d’ailleurs à lancer une procédure antitrust contre l’App Store, sur lequel il enquête depuis trois ans.

TikTok se lance dans le shopping en direct aux États-Unis

À quelques semaines des fêtes de Noël, TikTok prépare son offensive dans le shopping en direct aux États-Unis, en ouvrant les inscriptions pour les marchands qui souhaitent vendre des produits directement depuis son application de courtes vidéos. La société, qui n’a pas encore communiqué officiellement sur le lancement de cette fonctionnalité, précise qu’elle prélèvera une commission de 5% sur chaque commande. TikTok mise beaucoup sur le commerce en direct, qui a fait ses preuves sur Douyin, sa version chinoise. Et qui doit représenter un relais de croissance alors que ses objectifs de chiffre d’affaires ne seront pas atteints cette année. La société s’est déjà lancée dans plusieurs pays. Si les résultats sont jugés encourageants en Asie du Sud-Est, ils ont en revanche été décevants au Royaume-Uni. TikTok aurait ainsi renoncé à lancer ce service dans d’autres pays européens, dont la France.

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Crédits photo: Flickr / shibainu – Flickr / steamXO

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